Les Faits: Garantir les Droits de la Reproduction des Adolescents

Mars 1999 Item: F019F

DEFINITION DE L'ADOLESCENCE

L'adolescence est une période de maturation physique, émotionnelle, sociale et sexuelle rapide. Les adolescents doivent bénéficier d'une gamme complète de soins et d'information de qualité en matière de santé de la reproduction. Mais les gouvernements tendent soit à ignorer les questions de santé des adolescents, soit à les considérer comme indissociables des préoccupations de l'enfance.

Les droits des adolescents aux soins de santé de la reproduction ont pour la première fois joui d'une reconnaissance internationale dans la Convention de 1989 relative aux Droits de l'Enfant. Les gouvernements à travers le monde ont pris l'initiative de promouvoir les droits des adolescents à travers des instruments et des documents internationaux tels que le rapport de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement tenue au Caire en 1994. Pour significatives qu'aient été ces avancées, il n'en reste pas moins beaucoup à faire.

ACCES AUX SOINS DE SANTE DE LA REPRODUCTION

En Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, 48% des femmes ont des rapports sexuels vers l'âge de 20 ans. Aux Etats-Unis, 63% des femmes sont sexuellement actives dès 18 ans.

Un aspect fondamental des droits en matière de santé reproductive est l'accès au meilleur niveau de santé et d'information en matière de sexualité et de santé de la reproduction. Très peu de pays, à travers le monde, disposent de services adéquats en matière de soins de santé de la reproduction en direction des adolescents.

Les gouvernements devraient supprimer toutes les barrières juridiques et réglementaires à l'accès aux soins de santé de la reproduction et créer des programmes de santé intégrés adaptés à ce groupe d'âge.

EDUCATION

En Afrique subsaharienne, près de 50% des filles ont au moins 17 années de scolarisation. Ce taux baisse à 10% au Burundi, au Mali, au Niger et en République Centrafricaine.

En vertu des documents internationaux, les gouvernements sont tenus d'assurer les droits fondamentaux à l'éducation, sans discrimination de sexe. L'éducation est une condition clé pour réaliser le droit à la santé de la reproduction. Des études ont montré que les femmes instruites à travers le monde sont plus à même de déterminer leur vie reproductive que celles ayant un faible niveau d'instruction.

Les gouvernements devraient envisager de développer des programmes d'éducation sexuelle et à la vie familiale à tous les niveaux de l'enseignement et de promulguer des lois pour rendre l'enseignement primaire obligatoire pour les deux sexes.

MARIAGE PRECOCE

Pour 20 à 40% des femmes, l'entrée en première union se fait à moins de 18 ans, en Amérique Latine et dans les Caraïbes ; ce taux varie de 30% au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à 50% au Yémen.

Les instruments internationaux relatifs aux droits de la personne stipulent que nul mariage ne peut être conclu sans le libre et plein consentement des futurs époux., qui tous deux devraient avoir atteint l'âge nubile. Le mariage précoce affecte négativement l'adolescent pour ce qui est de l'éducation, l'autonomie économique et la santé physique et psychologique.

Les gouvernements devraient appliquer des lois relatives à l'âge minimum légal du premier mariage et promouvoir des lois pour garantir le consentement des deux parties.

GROSSESSE PRECOCE ET CONTRACEPTION

Environ 10% de toutes les naissances à travers le monde sont attribuées à des adolescentes. Tous les ans, près de 14 millions de jeunes femmes deviennent mères.

Le droit internationalement reconnu de décider librement et en toute connaissance de cause du nombre et de l'espacement des naissances est au cœur du droit de tout individu d'avoir accès à la contraception. Les adolescentes n'ayant pas suffisamment de maturité psychologique pour assumer une grossesse, la grossesse précoce entraîne des taux élevés de mortalité et de morbidité maternelles. Au nombre des risques figurent les hémorragies, l'anémie, la malnutrition, les couches longues et laborieuses, le faible poids du bébé à la naissance et le décès de la mère et de l'enfant. En raison du haut niveau de grossesses non planifiées chez les adolescentes, une des meilleures méthodes pour prévenir la grossesse est d'accroître le recours à la contraception.

Les gouvernements devraient fournir un accès universel à l'information et aux méthodes contraceptives, ainsi qu'à des soins postnatals et prénatals en direction des adolescentes, quel que soit leur statut matrimonial.

«Avec l'appui de la communaute internationale, les pays devront proteger et promouvoir le droit des adolescents a l'education, a l'information et aux soins dans le domaine de la sante en matiere de reproduction»

-Conférence Internationale sur la Population et le Développement

AVORTEMENT A RISQUE

Entre 1 et 4 millions d'adolescentes dans les pays du Sud ont recours à l'avortement clandestin et généralement à risque.

Les lois restrictives en matière d'avortement violent les droits de la reproduction des femmes, y compris leur droit à la santé, à la vie, à la liberté, à la sécurité, à la vie privée, sans discrimination entre les sexes. Le manque de services permettant d'avorter légalement et dans de bonnes conditions de sécurité met en danger la santé des adolescentes et sape leur droit de prendre des décisions responsables concernant la procréation. Les adolescentes à travers le monde sont victimes, de façon disproportionnée, d'avortements à risque, car ce sont elles qui ont le moins accès à des services et des informations de qualité et confidentiels en matière de santé la reproduction, y compris la contraception. Les adolescentes sont les moins susceptibles d'avoir des contacts sociaux, l'accès au transport et les moyens financiers pour pouvoir avorter sans risque.

Pour s'attaquer à l'avortement à risque, les gouvernements devraient envisager de promulguer des lois qui autorisent l'avortement sans restriction sur les raisons ou pour une vaste gamme de raisons.

VIH/SIDA ET AUTRES MST

Sur les 30 millions de personnes vivant avec le VIH en 1998, au moins un tiers d'entre elles étaient âgées de 10 à 24 ans, avec 2,6 millions de nouveaux cas par an, soit cinq nouveaux cas d'infection par minute.

Les droits fondamentaux des adolescents à la vie, la santé et la santé de la reproduction sont gravement compromis quand les gouvernements omettent de s'attaquer au VIH/ SIDA et aux autres MST de façon globale. Les adolescentes sont plus vulnérables aux VIH/ SIDA et au MST que leurs partenaires masculins. Cette vulnérabilité accrue peut être attribuée à des facteurs qu'elles ne maîtrisent pas, tels que la violence et l'exploitation sexuelles, le manque d'éducation formelle - y compris d'éducation sexuelle - et le manque d'accès à la contraception et à des services de santé de la reproduction.

Les gouvernements devraient, face au VIH/SIDA, développer des campagnes de prévention du SIDA empreintes d'humanité et non discriminatoires, en direction des adolescents.

INTÉGRITÉ PHYSIQUE

Globalement, 40 à 47 % des agressions sexuelles ont pour cibles des adolescents âgés de 15 ans et moins.

Les conventions internationales reconnaissent sans équivoque la violence sexuelle à l'encontre des adolescents comme une grave violation de leur integrité physique. Les violences sexuelles comprennent le viol, les atteintes sexuelles, l'inceste, l'exploitation sexuelle à des fins commerciales et l'esclavage sexuel.

Les gouvernements sont tenus de prendre des mesures fortes afin de protéger les adolescents contre la violence sexuelle et d'imposer des sanctions sévères aux agresseurs.

MUTILATION GENITALE FEMININE/CIRCONCISION FEMININE

Les MGF/CF affectent environ 130 millions de femmes à travers le monde et 2 millions de filles et femmes subissent la procédure chaque année.

Les mutilations génitales féminines (MGF) ou circoncision féminine (CF) violent les droits fondamentaux des filles et des femmes. Du fait qu'elles impliquent l'ablation d'organes sexuels sains sans nécessité médicale et qu'elles sont généralement pratiquées sur des adolescentes et des filles, souvent avec des conséquences physiques et psychologiques néfastes, elles violent les droits des enfants et le droit à la santé et à l'intégrité physique de la personne. Bien que les MGF ne soient pas pratiquées dans l'intention de nuire, leurs effets néfastes en font un acte de violence.

Les gouvernements devraient adopter une approche intégrée visant l'élimination des MGF en mettant en œuvre des programmes d'éducation et de santé et en imposant des sanctions à ceux qui pratiquent ces procédures.

Qui sont les adolescents?

  • Les personnes âgées de 10 à 19 ans
  • Soit 1 personne sur 5 de la population mondiale

Pour un complément d'information et une liste des sources, contactez-nous pour recevoir un exemplaire de notre document d'information: Adolescent Reproductive Rights: Laws and Policies to Improve Their Health and Lives Appeler 917-637-3600 ou visiter http://www.reproductiverights.org